Moi et Rotschild …


Rapatrié d'ORAN, Maurice COHEN s'est installé comme marchand ambulant sur le trottoir juste en face de la Banque ROTSCHILD.
Et qu'est-ce qu'il vend ?
Des merguez, eh oui… comme là-bas.
Un jour, un de ses amis, Salomon LEVY vient le voir :
- " Hé shalom-bonjour, Maurice ! Besslama, comment ça va les affaires, dis ?
- Ca va, ça va, mais c'est dur de gagner sa vie, ma parole, tu sais, mon frère.
- Ah ? Mais quand même, va, tu dois vendre plein de merguez ici, avec tous les gens qui passent et les autres qui vont et qui viennent à la banque. Purée, que du monde y'a.
- Oui, oui, y'a beaucoup des clients mais les temps y sont durs, mon frère. Quand même, il faut pas se plaindre, je fais de bons mois, ma parole.
- Ma parole, ça me fait chaud dans le cœur, Maurice, que tes affaires elles marchent bien…Mais, dis-moi, Maurice, tu pourrais pas me prêter dix euros jusqu'à la fin du mois, je suis un peu serré, en ce moment. Mais, promis, juré, craché, sur ma vie je te les rends à la fin du mois sans faute hein.
- Ho Salomon, sur la tête de ma mère tu es mon frère, mais ma parole, je te jure je peux pas faire ça.
- Purée, Maurice, avec tout le commerce que tu fais, qu'est-ce que c'est dix euros pour toi ?
- C'est pas pour les dix euros, je te les aurais bien prêtés, tu sais, mais, regarde là en face…
- Quoi ? Là en face, oui, c'est la banque à Léon ROTSCHILD, un de nos frères… et alors ?
- Alors, alors … voilà : ROTSCHILD et moi on a passé un accord :
lui il vend pas des merguez et alors,
moi, je prête pas de l'argent … "


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