La culture des artichauts dans l'Orléansvillois


C'est Michel Zviadadzé ( mon père ) qui est à l'origine de l'expérimentation de la culture de ce légume, de sa commercialisation et de son exportation vers Marseille et Sète en primeur via les ports de Ténès et Alger.
Eh oui ! C'est près du village de Pontéba qu'à commencé cette expérimentation de culture de ce légume. Michel Zviadadzé et ses collaborateurs dirigeaient alors l'usine de conditionnement d'agrumes des établissements C.A.P.O., implantée à La Ferme ( Quartier Nord d'Orléansville ) après l'oued Chéliff, route de Ténès.
Les résultats de cette culture furent très prometteurs. ''l'artichaut demande un climat tempéré et non continental''.
Cette usine employait des dizaines de personnes durant 4 à 5 mois par an : du personnel local féminin pour les calibrages et l'emballage des fruits et légumes sur place.
Les hommes étaient eux destinés au ramassage dans les champs de la région.
Les salaires et les avantages en nature ( casse-croûte dans les orangeraies ) étaient de l'ordre du SMIC accompagné de certains avantages sociaux.

Les expéditions de ces précieux chargements se faisaient exclusivement par la route sur gros camions-remorques ( transports Mory, Moran, Fournier, Dahnoun, Guenoun … ).
Le petit port de Ténès à 50 Km d'Orléansville prit un certain essor, bien nécessaire au développement de la région dans les années 1954 - 1960, grâce entre autres aux agrumes de la Plaine du Chéliff. Essor stoppé net par les événements ( insécurité des transports, camions brûlés… ).
Je sais de quoi je parle, car à cette époque, j'étais chargé par mon père et la société Mory de l'acheminement de certains camions vers Ténès et je devais m'assurer du bon chargement des agrumes sur les bateaux marchands en présence des douanes et d'un fonctionnaire de la répression des fraudes venu d'Alger. Toute une épopée

Les emballages : cartons, cagettes étaient fabriquées dans une petite usine, sise derrière la porte des remparts Nord.

L'usine C.A.P O dont le siège était à Boufarik, traitait également des agrumes provenant de la plaine de la Mitidja.

Le dernier directeur de l'usine de la Ferme a été Pierre Zviadadzé ( mon frère ) il pourrait éventuellement fournir d'utiles renseignements au sujet de ces agrumes.

En 1962, l'usine ferma ses portes pour toujours.
J'y suis passé en coup de vent, alors officier au 8ème Bataillon de Zouaves lors de mon départ définitif d'Algérie avec mon bataillon...
Tout avait été pillé ainsi que notre maison d'habitation a proximité.
J'ai rendu visite ce jours là à mes très chers amis : Marc et Ginette Heidelberger. Ils disparaissaient à jamais quelques semaines plus tard lâchement assassinés sur la route de Ténès. Les pauvres, avaient cru à la coexistence pacifique entre les deux communautés…
Cette affectueuse pensée pour mes amis étant faite je pose la question :
Que reste t-il de ces richesses économiques, laissées par nous, INTACTES, ne demandant tout simplement qu'à être entretenues dans la continuité du travail.
Que reste t-il de tout cela de nos jours ?…
La France est obligée à l'heure actuelle d'importer des agrumes d'Espagne ou d'Israël, alors que nos deux pays ont des relations commerciales privilégiées…

Michel Zviadadzé. (Février 2 003)


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